Ma balade avec Clotilde COURAU

Cigale Mag N° 45
Octobre 2012


Le temps d’une marche dynamique sur le champ de Mars, c’est l’heure des confidences. Actrice romantique et passionnée, Clotilde Courau est amoureuse de son métier comme de la capitale…

© Nicolas Schiffmacher
© Nicolas Schiffmacher
Vous avez commencé la préparation du tournage de La Source, une série d’espionnage, pour France 2. Quelle est l’alchimie entre les acteurs et le réalisateur Xavier Durringer ?
C’est formidable car c’est vraiment un directeur d’acteurs. Il connaît bien la machine de l’acteur, il sait exactement ce qu’il veut filmer. Et les lectures, moi je n’ai pas de scènes avec…(elle s’arrête) mais je ne sais pas ce que je suis supposée révéler sur la série !

C’est vrai qu’il y a peu d’infos sur le pitch…
S’il y a très peu d’infos, c’est que c’est top secret ! Ça parle des déchets nucléaires. Le sujet est passionnant, très particulier, absolument réel. Ça peut remonter très haut, parce que c’est un sujet politique.

Vous connaissiez Xavier et vous aviez envie de travailler ensemble ?
On s’est rencontré au théâtre, il y a très longtemps. Xavier Durringer a une passion pour les acteurs. Il dirige tout à l’oreille. Un vrai chef d’orchestre. C’est très intéressant de travailler avec un metteur en scène comme lui. En ce qui me concerne, il a eu comme un flash sur un des personnages et il m’a appelé pour me demander si j’étais libre.

De tous les personnages que vous avez interprétés, quel est le rôle qui vous a le plus marqué ?
Il n’y en a pas : ils sont tous à venir (rires) ! Tout ce qui a été avant, j’ai l’impression que c’était nécessaire, passionnant, des rencontres avec certains metteurs en scène, certains personnages. Maintenant je suis vraiment en confiance en tant qu’interprète.

Et la musique ?
Pareil, je me construis petit à petit mon univers dans l’ombre. En 2011, en chantant en première partie d’artistes, comme Art Mengo ou Florent Marchet. J’ai eu cette possibilité-là, mais rien ne tombe du ciel. Ca se travaille aussi. Parce que c’est vertigineux de définir son univers musical, ou un spectacle dont on est en train d’accoucher. Là, j’ai un rôle, je dois juste savoir ce que je mets à l’intérieur. Ca m’a toujours plu, de ne jamais être associée à une famille particulière. D’ailleurs quand j’étais seulement dans le cinéma, je passais d’un réalisateur à l’autre.

En tant qu’actrice, vous aimeriez être dirigée par une réalisatrice ?
J’adorerais. Pour l’instant, ça ne s’est pas présenté, mais j’ai vraiment envie de travailler avec Claire Denis. J’ai aussi rencontré Rebecca Miller au Festival de Deauville. Son film va sortir en janvier 2013, Electric Children, un indépendant. J’aimerais vraiment travailler avec elle. J’aime beaucoup le regard et la sensibilité des femmes au cinéma.

Des projets à l’étranger ?
Oui, j’en ai aussi. Mais chut !… En France, je prépare L’être intime, un spectacle où je lis les lettres d’Edith Piaf. C’est monté à partir d’une correspondance que j’ai trouvée par une collectionneuse. Elle ne contient que 11 lettres d’Edith à Tony Franck écrites après la mort de Marcel Cerdan. C’est l’époque où elle écrivait « L’hymne à l’amour ». Ces lettres disent beaucoup d’elle. Sa foi profonde dans la vie, son message d’amour universel, sa force de combat, son instinct de survie, son être le plus intime, qui fait ce qu’elle est : un génie indéniable, et qu’elle reste dans le temps.

© Nicolas Schiffmacher
© Nicolas Schiffmacher
Vous avez dit que votre père vous avait appris que l’utopie, c’était important dans la vie. Ça l’est pour votre métier ?
Je pense que c’est essentiel pour chaque être humain.

Est-ce que vous pourriez me donner la définition exacte de l’utopie ?
Non, je ne l’ai pas…
Je pense que c’est important d’avoir la foi, de croire, comme disait Edith Piaf, que « tout est possible », à partir du moment où on est vrai, et en vie. Vivre sans utopie, sans la possibilité d’un meilleur lendemain, c’est compliqué. L’utopie, ça permet d’avancer et d’avoir des convictions, de vouloir aller vers le mieux, de regrouper d’autres, de bavarder, de discuter, d’échanger…

Je vous ai écrit une lettre. Vous pourrez peut-être la lire à la fin du spectacle ?
Qui aura lieu en 2013… Donc, je vais la mettre dans une bouteille pour le moment et je vous la lirai à ce moment-là. À l’année prochaine alors !


Maïlis Jeunesse




  

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