Cigale Mag
Jeudi 10 Janvier
3:54

Chartres en lumières

COUP DE PROJECTEUR

Cigale Mag n°45
Octobre 2012


©Jean-Baptiste Maradeix
©Jean-Baptiste Maradeix
Chaque année, à Chartres, les cent soixante nuits qui mènent d’avril à septembre sont l’occasion d’un grand ballet de lumières…


Ce n’est pas la première fois que nous vous parlons de Chartres en lumières, ce spectacle grandiose qui voit chaque année une ville deux fois millénaires se parer à la tombée de la nuit de couleurs plus vives que le jour. Cigale ne pouvait décemment pas rater le dixième anniversaire de l’opération. En voiture, donc ! Trois quarts d’heure plus tard, nous voici sur place – ça roulait bien…

 


©Jean-Baptiste Maradeix
©Jean-Baptiste Maradeix
ENTRE DEUX ÉPOQUES

Pour commencer, un petit rappel : c’est à Laurent Lhuillery, adjoint de la mairie chargé de l’animation de la ville, qu’on doit Chartres en lumières, cette opération qui voit, grâce à un impressionnant dispositif de projection, les murs de la ville devenir le terrain de jeu d’un gigantesque sons et lumières…

Le long de la façade du vieux Grenier à sel, la vie des Chartrains d’autrefois se raconte en scénographies illuminées. Petit à petit, dans un lent ruissellement de couleurs, la cathédrale retrouve ses teintes d’antan ; sa magnifique austérité cède la place à une douceur qu’on croyait oubliée, mais qu’à bien y regarder on aurait pu déceler, juste là, cachée derrière chaque plein et chaque délié de ses portails sculptés…

Chartres en lumières, on l’aura compris, ce n’est pas une simple projection qui viendrait s’étaler sur des murs comme sur une toile blanche : c’est un jeu de résonances entre les lumières modernes et les pierres anciennes – entre l’oeuvre des scénographes d’aujourd’hui et les merveilles des artisans d’hier.

Chartres en lumières, c’est en fait une histoire de temps qui passe et qu’on retient, à la nuit tombée – comme dans un rêve ?


LA FÊTE DE LA LUMIÈRE

Mais le temps passe aussi pour Chartres en lumières, puisque voilà maintenant neuf ans que l’opération existe et elle a bien évolué depuis ses débuts… C’est que chaque année, de nouvelles scénographies viennent s’ajouter à celles qui existaient déjà : ce sont maintenant vingt-cinq sites qui forment ce parcours illuminé.
Précisons qu’à chaque édition, en guise de gran finale, le public découvre en exclusivité les nouvelles scénographies qui, dès l’année suivante, rejoindront le corpus des animations de Chartres en lumières : cette soirée toute particulière, c’est la Fête de la lumière, dont c’était la dixième édition cette année. C’est là que nous nous sommes rendus le 15 septembre dernier, et qu’importe qu’il y ait un certain paradoxe à venir voir un événement centré sur la lumière souffler sa dixième bougie !
À cette Fête de la Lumière, qu’a-t-on vu ? Eh bien tout d’abord des animations interactives, des spectacles, des déambulations musicales, mais surtout la toute nouvelle scénographie du Portail royal de la cathédrale, dite « Nef de lumière », que l’on doit à Benoît Quéro, de la société Spectaculaires…

©Jean-Baptiste Maradeix
©Jean-Baptiste Maradeix
NEF DE LUMIÈRE

Nous ne résistons pas à la tentation de vous parler de cette nouvelle venue de Chartres en lumières, convaincus qu’aucune description, aussi fidèle soit-elle, ne saurait remplacer un détour sur place – et que bien au contraire, cet article ne peut que vous donner envie d’aller admirer ce spectacle par vous-même l’année prochaine…
Imaginez : il fait nuit, vous vous trouvez face au Portail royal, qui est en lui-même un spectacle. Soudain, la rosace se met à irradier comme un astre lumineux. Du sol jaillissent les rois et les reines de l’Ancien Testament. Du plus haut de l’édifice descendent de petits personnages allégoriques. Ils coulent le long de câbles de lumière pour surligner la richesse architecturale du Portail royal. Progressivement, cette ossature lumineuse se met en mouvement, s’anime, se métamorphose. La voilà devenue cathédrale de verre. Puis les bâtisseurs entrent en scène : des écritures mathématiques et des lettres moyenâgeuses recouvrent la façade ; la pierre brute se peint. Entre les tours, un entrelacement d’arches gothiques s’élève – c’est l’intérieur de la cathédrale qui se dévoile lentement. Nous entrons dans l’ère technologique, la cathédrale se métallise et se change en gigantesque mécanique. Dans un souffle profond, les grandes orgues se mettent à vibrer et les tours partent à la conquête des cieux…
Cette description vous fait rêver ? Rendez-vous l’année prochaine…

wwww.chartresenlumieres.com


Alexis Sainte Marie



  

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